Pas si simple!!!

Pas si simple!!!

C’est si simple l’amour de Lars Norén, une partition exigeante au Jeu de Paume 

 Deux couples, milieu bourgeois, nuit alcoolisée, langues qui se délient, on pourrait croire que l’on va assister à une énième pièce de boulevard dont l’intérêt ne serait guère évident : rien de bien passionnant que d’assister à l’étalage des infidélités des uns ou des autres, de leurs atermoiements confortables, de leurs pénibles crises de jalousie et de remise en cause de leurs histoires respectives !

Mais il y a la plume de Lars Norén, la mise en scène de Charles Berling. L’écriture du dramaturge suédois est tirée au cordeau, huilée comme une mécanique de haute précision, et Charles Berling adapte cette horlogerie dans un huis clos ébouriffant. Les acteurs sont enserrés par une partie du public installé sur scène. Alma et Robert (clin d’œil aux Schumann ?) viennent de jouer une première et accueillent leurs amis Hedda et Jonas qui y ont assisté. Tout repose sur la rapidité des dialogues qui écorchent, se reprennent, déchirent avec férocité les relations des uns et des autres, et si les « je plaisante » tentent au début de rattraper les violences verbales, bien vite les masques de sociabilité et d’amitié se fissurent jusqu’à l’irréparable.

C'est si simple l'amour © Vincent Bérenger

C’est si simple l’amour © Vincent Bérenger

En bord de plateau, Charles Berling rappelle que la pièce, C’est si simple l’amour de même que Lost and Found dont il prépare une prochaine tournée, sont des œuvres qui font partie du cycle des quatorze Pièces de mort écrites par Lars Norén entre 1989 et 1995, toutes, sortes de fragments d’une ample fresque, traitent du temps et de la mort. 

Les névroses des personnages se croisent dans la partition serrée de l’écriture.

Le mensonge et la réalité se confondent en un miroitement dont chacun est prisonnier dans cette fulgurante et démesurée mise en abime du théâtre.

« Je joue ce que je suis, on joue celui qu’on est » affirme Robert (Charles Berling).

C'est si simple l'amour © Vincent Bérenger

C’est si simple l’amour © Vincent Bérenger

Et tout est dit dans cette entreprise qui se moque du langage, se complaît dans le trivial dont la vulgarité n’est qu’une mise en scène de plus au cœur des dialogues portés avec une inépuisable verve par Charles Berling, Alain Fromager, Caroline Proust et Bérengère Warluzel, souverains dans leurs élans, leurs lâchetés, leurs sarcasmes, leurs frustrations, leurs jalousies, leurs colères.  
Quelle virtuosité !


C’est si simple l’amour
a été joué du 3 au 7mars 2026 au Jeu de Paume, Aix-en-Provence

Sublimes aspérités !

Sublimes aspérités !

Kintsugi, le dernier spectacle de Machine de cirque, tient son nom d’une méthode de réparation des objets venue du Japon : il s’agit, par un mélange de colle et de poudre d’or, de restaurer des objets cassés en mettant en évidence leurs fêlures et les réparations, comme une sublimation de leur histoire.
L’épreuve du temps et de ses cassures est ici soulignée, magnifiée. La fragilité des choses et des êtres se transmue en œuvre d’art et en beauté. 

Autour d’un abribus

Le metteur en scène, Olivier Lépine, explique dans l’un des teasers de présentation combien l’abribus qu’il avait pris en photo lors d’un voyage en Écosse l’a inspiré : « J’ai vu au bout de l’île de Sky un abribus vraiment perdu au milieu de nulle part, mais très propre avec, à l’intérieur, des chaises, un horaire d’autobus comme gribouillé à la main, et je me disais en regardant ça que l’on pourrait dire que c’est un arrêt d’autobus où l’on peut attendre un peu infiniment un moyen de transport qui n’arrivera jamais (…). Cet espace était « hyper-théâtral », et vraiment évocateur…. C’est comme atterrir nulle part dans une espèce de chambre avec un horizon sur la mer… ». Occasion rêvée pour aborder dans ce cadre hors du temps des thématiques intemporelles comme l’amitié, la résilience, la manière de vivre malgré et avec ses blessures, en faire une force. Vincent Dubé, directeur artistique de la troupe, se délecte à cette fusion entre les disciplines circassiennes et le récit : le geste prend alors  une dimension symbolique. 

Ils sont huit, isolés autour d’un abribus perdu dans un no man’s land, huit solitudes qui peu à peu vont s’apprivoiser. Mains à mains, voltiges à partir d’une bascule, bondissements gymniques, vont se conjuguer pour rapprocher les personnages. Tour à tour appuis, repères, élans, poussées, tissent des liens entre ces inconnus et leur accordent une liberté neuve, soutenue par la puissance du collectif. Que penser de cette femme enceinte qui effectue des sauts vertigineux, ou de ce timide dont les pas deviennent si assurés sur la boule d’équilibre, bleue comme une terre que l’être se réapproprie ?  

Kintsugi /Machine de Cirque © Machine de Cirque

Kintsugi /Machine de Cirque © Machine de Cirque

Le cheminement s’effectue en poésie, nimbé de lumières douces, et de jeux de clair-obscur. Peu à peu on comprend le titre. Les prouesses techniques n’appellent pas les applaudissements qui jaillissent parfois du public, mais restent au service d’une histoire multiple. 

On s’attache successivement à chaque interprète. On est subjugué par les numéros de trapèze double, de bascule, de voltige tirée par les cheveux, de corde lisse, de mât chinois, de sangles aériennes, de mains à mains, de portés époustouflants, de perches en équilibre sur l’épaule. Les acrobaties se mêlent à la narration avec une rare intensité dans une chorégraphie écrite au cordeau et scandée par des annotations de temps projetées sur le mur de fond de scène, au cœur de l’énumération de chapitres, « Rendez-vous », « Tempête », « La forme du brouillard », « Aube ». 

Kintsugi /Machine de Cirque © Machine de Cirque

Kintsugi /Machine de Cirque © Machine de Cirque

Ces titres sont suivis de courts poèmes qui semblent développer les premiers mots qui ont accueillis le spectateur à son entrée en salle : « Un temps viendra / où, malgré toutes les douleurs, / nous serons légers, / joyeux et véridiques » (A. Camus).
Une humanité rêvée…


Kintsugi
a été donné au GTP les 3 et 4 mars 2026.

À Contrevent

À Contrevent

La nouvelle création de la Compagnie Ellipse, Reverse, était dansée pour la première fois au 6mic le 20 février dernier.

Inspirés par le roman d’Alain Damasio, La horde du contrevent et la série d’entretiens réalisés dans le livre d’entretiens de Lionel Astruc, Vandana Shiva, Pour une désobéissance créatrice, Nina Webert et Axel Loubette tentent par la voie de l’art chorégraphique de réfléchir autrement les enjeux écologiques et les valeurs qui fondent notre humanité.
Les six danseurs-acrobates de la troupe sont d’abord inertes, étendus sur le plateau, tandis que les souffles incessants du vent qui accueillaient le public lors de son entrée en salle, peuplent l’espace avec une intensité accrue, semblent repousser les personnages, les faisant rouler comme de simples fétus de paille. 

Nina Webert s’élance sur les épaules et les mains tendues de ses acolytes. Au fil de ses pas aériens, elle récite les pages poétiques qui dessinent le propos d’une danse inextricablement liée aux remuements du monde. La musique de ses mots (autre qualité de cette belle danseuse, elle écrit très bien !), scandée par une succession de portés, offre alliages poétiques, allitérations, images, comme pour dessiner les prémices d’une épopée à venir au cœur de laquelle présent, passé et futur se catapultent. Entre les êtres et la nature se tissent d’étranges concordances que la folie des systèmes financiers vient bousculer. 

Reverse/ Compagnie Ellipse © X.D-R

Reverse/ Compagnie Ellipse © X.D-R

 « Seulement on n’est jamais sûr d’être assez fort, puisqu’on n’a pas de système, on n’a que des lignes et des mouvements » (Gilles Deleuze et Félix Guattari, Mille Plateaux).

Cette citation mise en exergue de La horde du contrevent, pourrait correspondre aussi au spectacle Reverse. Mille Plateaux, second volume des réflexions communes du philosophe Gilles Deleuze et de son complice, le psychanalyste et philosophe Felix Guattari, a l’éloquent sous-titre Capitalisme et schizophrénie.
Les voyageurs de Reverse, à l’instar de ceux de la Horde de Damasio luttent contre le vent. Leur avancée face aux souffles tumultueux prend des allures de défi, de désobéissance, de refus de la fatalité. Les corps se livrent, s’exaspèrent, arpentent la scène en un mouvement qui les propulse inlassablement vers le côté cour. Sans cesse les élans se réitèrent vers le lieu d’asile, sans cesse ils en sont repoussés. Les trajets sont tantôt collectifs, tantôt solitaires. La danse y est athlétique, empruntant à la Breakdance autant qu’aux figures classiques et contemporaines. Le public est subjugué par cette dynamique puissante que vient souligner la musique originale de Loïs Vacchetta qui cherche dans l’assemblage des sonorités et des rythmes un contrepoint aux emportements des corps.
Bonheur des « rêves révoltés » !

 

Reverse a été dansé au 6mic le 20 février 2026

Particules élémentaires

Particules élémentaires

« Ces morceaux, je les ai écrits dans mes rêves » (Kalliroi Raouzeou)

La chanteuse, interprète, instrumentiste et compositrice Kalliroi Raouzeou offrait la primeur de sa nouvelle création au PIC qui l’avait accueillie en résidence avec ses musiciens, Jérémie Schacre (guitare électrique, habillage sonore), Samuel Diouf (claviers, synthétiseur) et Matteo Nocera (batterie, percussions).
Trois langues mêlant leurs sonorités, grec, français, anglais, sont convoquées dans ce spectacle baptisé Waves and particles. Ce titre se réfère à un concept de la mécanique quantique qui définit la dualité onde-corpuscule, et attribue aux électrons et aux photons des propriétés corpusculaires ou ondulatoires selon les conditions dans lesquelles ils sont placés. Cette dualité fondamentale trouve par le biais de l’art de Kalliroi Raouzeou une complexité qui se double de motifs en épure et plonge l’auditeur dans un univers vibrant et poétique. Pas besoin d’être grand mathématicien pour l’écoute ! L’émotion s’empare d’emblée de l’assistance.
En avant-concert, le directeur et fondateur du PIC, Raoul Lay, sourit en présentant les inspirations qui nourrissent l’artiste grecque, musique répétitive de Philip Glass, harmonies venues de l’Orient et de l’Occident, passion des sciences… « La mécanique quantique rejoint celle des vagues, la répétition arrive comme un flux qui nous emporte » explique alors Kalliroi qui s’installe seule au piano pour une première pièce au nom grec, Ίρις (Iris), sur un rythme à neuf temps, tout de volutes sur lesquelles la voix lumineuse de la chanteuse se déploie, enlacement subtil aux envoûtements pianistiques.

Il n’est pas besoin de paroles ici, mais de l’approche d’une palette aux couleurs qui se fondent, arc-en-ciel musical mimant celui du nom de la messagère des dieux qui, dit-on, déployait son écharpe lorsqu’ils voulaient s’adresser aux humains…
Au fil des morceaux, les autres musiciens sont appelés sur scène en commençant par Mateo Nocera pour Only whispers où une voix d’ange accompagne une âme dans les rues et sa maison afin de poursuivre sa route vers la lumière. Cette quête se résout dans l’Éternel retour (Aionia épistrophi, Aιώνια επιστροφή) et ses orbes délicats avant le kaléidoscope acrobatique du Dodékascope (Δωδεκασκόπιο) qui explore les possibilités du nombre douze (se référant aux douze demi-tons de la gamme). La nostalgie de Low entropy se mêle à La couleur que tu as dessinée (Το χρώμα που ζωγράφισες), on retourne sur les mêmes chants d’autrefois (Same old songs), la radio (superbe Radio 5 dont le titre évoque 2+2=5 de Radiohead) orchestre ses souvenirs, le Printemps nous promet la fraîcheur de ses renouveaux (Ήρθε η άνοιξη).

Kalliroi Raouzeou © Virgile Robert

Kalliroi Raouzeou © Virgile Robert

Le public est invité à prononcer en grec Décapentasyllabe (Δεκαπεντασύλλαβος) (en référence au vers de quinze syllabes, pendant grec de l’alexandrin français aux douze syllabes)… Les nombres s’invitent dans les méandres de la création, musique des mots, des notes… est-ce une allusion à l’harmonie ou musique des sphères pythagoricienne qui postulait l’agencement des planètes en rapports numériques harmonieux ?
Les gammes de l’Orient répondent à celles de l’Occident, les élans jazziques fusionnent les mondes, les ondoiements des thèmes dévoilent d’insoupçonnés estrans qu’une houle sans cesse renouvelée vient recouvrir.
Mécanique quantique ou mécanique des vagues, peu importe au cœur de cette mécanique des songes qui s’orchestre entre inspiration intime et réminiscences de Lena Platonos, Radiohead ou Philip Glass ! Le résultat est bouleversant de beauté. Superbement accompagnée par ses musiciens, Kalliroi Raouzeou propose ici un nouveau recueil que l’on espère retrouver bientôt dans les bacs !

Waves and Particles, Kalliroi Raouzeou from East to West, a été joué le 15 février 2026 au PIC.

Let it fall (ici, version antérieure sans les complices de Kalliroi) sera redemandé en bis

Penser la paix

Penser la paix

Alors que le monde se livre à des surenchères guerrières d’un autre temps, en ces jours de Noël il est bon de rappeler les vertus de la paix. Dans son livre F… Moi la Paix, Barbara Polla ouvre un champ de réflexion d’une politique et poétique pertinence

Qui pourrait croire qu’il est difficile de trouver des textes, des œuvres, des essais portant sur le thème de la paix ? Lorsque Barbara Polla, médecin, poète, autrice, galeriste, s’y est intéressée et demandé à un grand nombre d’artistes de représenter la paix, afin d’apporter par une exposition dans sa galerie Analix Forever sa pierre aux « utopies agissantes », « minuscules dans leurs réalisations », certes, mais « immenses dans leurs ambitions ». Une exposition de groupe sur la paix permettrait de donner la paix à penser, dans la perspective du travail d’Analix Forever qui s’attache à « donner à penser grâce à l’art. ».

Or, les débuts sont loin d’être prometteurs ! Pas d’œuvres plastiques intéressantes sur la paix ! (Bien évidemment on passera pudiquement sous silence les paysages champêtres, de préférence au bord d’un lac que l’on supposera suisse, sur les rives duquel une jeune fille rêve tandis qu’un cerf (sans pour autant de référence à l’iconographie le proclamant symbole de l’âme pour les uns et animal psychopompe pour les autres), forcément altier, s’abreuve d’une onde pure… ouf !!! les mièvreries abondent et ne convainquent personne !)
Il est de coutume de représenter les abominations de la guerre (tautologie absolue ! La guerre est une abomination) afin d’évoquer les bienfaits de la paix… Image en creux, négative par essence (la paix n’est pas la guerre…), mais qui ne décrit pas l’idée même de paix en soi. 

Galerie Analix Forever / Genève  © X.D-R

Galerie Analix Forever / Genève © X.D-R

Barbara Polla se tourne alors vers les grands textes. En philosophie, seul Kant dans son essai, Pour la Paix perpétuelle / Projet philosophique (Zum ewigen frieden / Entwurf), rédigé en 1795, pose les bases d’une réflexion constructive, s’appuyant sur trois lignes de force résumées ainsi par Barbara Polla : « (1) la constitution civique de chaque état doit être républicaine, (2) le droit des gens doit être fondé sur un fédéralisme d’États libres, (3) le droit cosmopolitique doit se restreindre aux conditions de l’hospitalité universelle ». 

L’insatiable exploratrice des concepts et des esthétiques a entrepris une thèse en philosophie sous la tutelle du Professeur Thomas Berns, doyen de la faculté de philosophie et sciences sociales de l’Université libre de Bruxelles. 
En attendant, le problème reste posé : comment représenter la paix ? comment les artistes abordent le concept ? comment penser la paix lorsque les représentations manquent ?
Barbara Polla se plaît « alors à paraphraser Freud et (se permet) de proposer que « tout ce qui travaille au développement de la libre création travaille aussi pour la paix ». (…) La préservation de la vie, comme de la paix, répond à la pulsion érotique – et il en va de même de la libre création. » (in F…moi la paix)

Galerie Analix Forever / Genève / exposition F...moi la paix © X.D-R

Galerie Analix Forever / Genève / exposition F…moi la paix © X.D-R

F…Moi la paix s’articule en trois parties, « Une expérience de libre création », « Accueil, hospitalité, action », « La paix contre l’état (de guerre) », scandées par de courts chapitres qui sont autant de pistes de réflexion. L’autrice invite ses complices à en rédiger certains. Tout commence par une expérience concrète menée avec des artistes venus du Moyen-Orient, Abdul Rahman Katanani, Said Baalbaki, Ayman Baalbaki, Serwan Baran, réunis à Genève dans la galerie Analix Forever à la suite de mois de discussions sur le thème de la paix et de ses représentations. Partage, effervescence artistique, bouillonnement roboratif d’idées, de sensations, de créations, s’effectuent en regard de philosophes comme Levinas, Kant ou Thomas Berns qui, lors d’une conférence donnée en octobre 2022 posait la question suivante : « Qu’est-ce qui nous empêche de penser la paix ? »

La réponse de l’artiste réside dans l’absolue nécessité de créer. « J’aime la beauté. C’est cela, pour moi la paix : la beauté » déclare Rose Issa (citation en exergue du chapitre « L’hors-champ de l’art »). Les photographies des œuvres irriguent le livre. Les couleurs, les formes, les juxtapositions, sont autant de voix libres qui dansent sur les toiles.
Révolutionnaire la paix ? sans aucun doute ! Anarchiste, vivante, éprise de liberté, la paix se voit ainsi définie par Levinas : « l’anarchie de la paix n’est donc pas ce qui nie l’inéluctable destin de la guerre, mais ce qui trouble de l’intérieur et ne permet plus au destin d’avoir le dernier mot ». Barbara Polla renchérit alors : « toute tentative de penser la paix est donc déjà en tant que telle, une insurrection. (…) Avec F… moi la paix, nous résistons à la normalisation de la guerre… »

F... moi la paix © X.D-R

Robert Montgomery 2018 © X.D-R

Impossible de ne pas citer Jean Giono, « l’anarchiste » qui soutenait : « qu’elles soient défensives, offensives, civiles, pour le droit, pour la liberté, toutes les guerres sont inutiles ».
L’interrogation se porte inévitablement sur la force des récits et la fabrication des imaginaires. (On ne peut que faire le rapprochement avec les propos d’Alice Zeniter sur le récit dans Je suis une fille sans histoire). « En changeant l’imaginaire, on peut changer le réel » affirme Barbara Polla. Cela va des jeux vidéo aux modèles héroïques proposés, des « héros de paix » et non plus des héros de guerre, altruisme, gentillesse, intelligence face à l’expression de la force brute des champs de bataille qui sont avant tout des endroits de mort où toute une jeunesse est sacrifiée.
F… la paix, avec ses allures de catalogue d’exposition, est un véritable manifeste, intelligent, généreux qui redéfinit les fonctions de l’artiste et de l’art en ouvrant des perspectives sur lesquelles les décideurs actuels devraient bien se pencher !!!

F… la paix…/ Une histoire d’art et d’engagements, Barbara Polla, éditions Le Bord de l’eau, collection La Muette, (couverture Guillaume Chamahian)