Lewis Caroll à l’heure du jazz !

Lewis Caroll à l’heure du jazz !

Ils nous en avaient donné un avant-goût lors du festival de Pâques à la fin de la représentation de Pierre et le loup au Jeu de Paume, les dix-sept musiciens de The Amazing Keystone Big Band revenaient au Grand Théâtre de Provence cette fois pour livrer à une salle comble leur version originale d’Alice au pays des Merveilles, composition qui permet d’arpenter les différents styles de jazz, chacun se trouvant associé à l’un des personnages du roman de Lewis Caroll adapté pour la scène par Sandra Nelson 

À la jubilation d’entendre une formation de big band, avec son armada de trompettes, trombones et saxophones sans compter batterie, piano, contrebasse et guitare, se greffait le plaisir des mots portés par une Alice (Yasmine Nadifi) qui ne supporte pas de s’ennuyer dans le jardin aux côtés d’une grande sœur qui lit un livre « sans images ni dialogues ». Heureusement, vient la distraire l’apparition d’un Lapin Blanc très pressé (Sébastien Denigues qui endossera tous les rôles ainsi que celui du récitant). Nul besoin de décor ni de déguisements complexes, une écharpe autour de la tête, une veste de costume et le Lapin est en piste, un nuage de fumée, et la chenille apparaît, un boa en plumes blanches et le sourire du Chat du Cheshire s’étire ; un effet de lumière, des bras qui battent le vide et la petite fille entame sa chute dans l’étrange terrier dans lequel elle s’est engagée… Bien sûr le récit n’est pas exhaustif, combien d’heures de spectacle pour toutes les péripéties di livre original Les Aventures d’Alice au pays des merveilles ! 

The Amazing Keystone Big Band au GTP, Aix-en-Provence

Keystone Big Band © Maxime de Bollivier

 Le propos n’est pas là, il s’agit de transcrire la magie, le goût de l’absurde qui prend sens, de se glisser dans les délices de l’imagination et surtout d’arpenter les territoires du jazz. La composition due à Bastien Ballaz, Jon Boutellier, Fred Nardin et Davis Enhco, mêle son inextinguible verve aux différentes étapes du récit, donnant à entendre un panorama de l’histoire du jazz, Duke Ellington accompagne le Lapin Blanc toujours en retard, James Brown et ses élans funky la chute d’Alice, un air de reggae pose son empreinte sur le jazz de la Chenille qui fume, le mambo suit les délires du Chapelier fou, la Reine de Cœur sera annoncée par une fanfare… Count Basie rejoindra Alice dans son retour à la réalité.

Le concert clairement dédié aux familles et aux enfants à partir de sept ans enthousiasme la salle. En cadeau pour les plus grands, l’ensemble offre un extrait de West Side Story, le Mambo, et le Troublant Boléro de Django Reinhardt avant de présenter avec humour les diverses familles d’instruments du big band tandis que les instrumentistes livrent des exemples de solos, échos des passages virtuoses offerts tout au long du spectacle. Un petit bijou coloré qui amorce la période des festivités de fin d’année.

Le spectacle Alice au pays des Merveilles a été joué les 20 et 21 octobre au Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence

Le corps, un récit vivant

Le corps, un récit vivant

Le Pavillon Noir accueillait le 30 septembre dernier Arthur Perole, artiste associé pour la période 2022-2023. Le danseur et chorégraphe proposait lors de cette soirée festive et participative (le spectacle était suivi par la Boum Boom Bum où chacun, muni d’un casque de Silent Party, déambulait entre food truck, stands improbables, karaoké, tubes de boums et DJ set final) Nos corps vivants aux côtés de Marcos Vivaldi (musicien), Benoit Martin (son) et Nicolas Galland (lumière). Alors que le public s’installe autour du module carré sur lequel le danseur va évoluer, des bonbons sont distribués, ceux de nos fêtes d’anniversaires petits, retour à une innocence où l’on ne se pose pas de questions sur le sucre et ses effets nocifs, juste un instant de partage !

« C’est bon ? tout le monde est servi ? » le danseur quitte alors sa doudoune poilue pour dévoiler un marcel pailleté tandis que des bribes de conversations se diffusent, « les drogues mettent en contact avec les fantasmes… j’ai toujours eu peur des autres, depuis que je suis né… les hommes on leur impose pas trop de choses, les femmes si… » des ondes sonores viennent habiter l’ombre, le corps du danseur se tord, fluide, les bras se tendent, se courbent, essaient l’épaisseur de l’air. Le visage traduit toute une palette d’émotions, se fige dans les attitudes convenues des cartoons. Les mimiques stéréotypées deviennent vocabulaire de danse, la gestuelle normée des conversations est dessinée avec espièglerie et un certain sens du tragique. Derrière la banalité des poncifs où se placent individualité, personnalité, pensée ?
La voix de Marguerite Duras apporte sa gravité suave « On ne voyagera plus, ça ne sera plus la peine… quand on peut faire le tour du monde en huit jours… pourquoi le faire ? ».

Arthur Perole Noscorpsvivants@Nina-FloreHERNANDEZ<br />
Pavillon Noir

Nos corps vivants@Nina-FloreHERNANDEZ

Le corps du danseur, statue vivante, compose une mélodie où les rythmes se heurtent, cherchent l’arrêt sur image, se saccadent, sont emportés dans une écriture qui les dépasse. Puis le performeur jongle, à l’instar d’un Charlie Chaplin, avec les sources de lumière, déploie un clavier de piano pour une chanson de Françoise Hardy. La performance enserrée dans un espace minimaliste ouvre les frontières de nos habitudes, de nos inconscients, l’humour empreint d’un indéniable lyrisme épouse avec tendresse la multiplicité de l’humain.

Pavillon Noir et Bois de l’Aune, le 30 septembre 

Des pérégrinations du faux et du vrai

Des pérégrinations du faux et du vrai

« Cette histoire est vraie puisque je l’ai inventée d’un bout à l’autre » affirmait Boris Vian. Ce pourrait être le credo de Marcus Malte, auteur invité en résidence par l’association Nouvelles Hybrides

Marcus Malte, (un pseudonyme), se pose en manipulateur dès l’information donnée en sous-titre de son nouvel opus Qui se souviendra de Phily-Jo ?, « roman traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Edouard Dayms », (notation qui a induit en erreur des revues littéraires qui ont même proposé l’ouvrage au « prix de la meilleure traduction »). Traduction, il n’y a once, et traducteur encore moins : Edouard Dayms est l’un des personnages de Garden of Love (Zulma 2017). Lors de l’entretien mené avec passion par Michel Gairaud, Marcus Malte manie le verbe avec malice. Avec son talent de conteur, il tisse le vrai, le faux, la fiction, la réalité, en un inextricable patchwork et déboule sur d’autres questionnements. Après avoir affirmé son rôle de « manipulateur, comme tout auteur, puisqu’il donne dans son livre les éléments qu’il veut bien donner et dans l’ordre qu’il souhaite », il sourit malicieusement : « Reste cependant un point crucial : « qui manipule l’auteur ? », nous subissons de multiples influences, nos choix dans la vie sont déterminés par de nombreux facteurs et notre libre arbitre est très restreint ». Le livre surfe sur les vagues du mensonge et de la réalité, l’important est de lier la forme et le fond : « il faut mettre d’abord le lecteur en présence de la forme, la musique des mots des phrases est essentielle : on est saisi par les tempi avant de passer par l’intellect. » Avec le livre Qui se souviendra de Phily-Jo ?, l’auteur souhaite montrer que « tous les maux dont on peut souffrir ne sont pas liés à une pieuvre fantasmée mais à des gens, des firmes, des sociétés dont les motivations ne sont pas secrètes, il s’agit de faire du profit, tout simplement ». 

« Je suis romancier, j’écris de la fiction, j’invente, ce qui ne m’empêche pas d’utiliser le réel ! Le croiser avec le faux enrichit le texte. » Pour ce dernier opus, Marcus Malte s’est intéressé à l’inventeur Nikola Tesla et à ses successeurs qui ont engagé des recherches sur les différents procédés d’énergie. Tous ces inventeurs ont en commun d’avoir été victimes d’agressions, voire même d’assassinats. Vérité ou affabulation complotiste élaborée autour de leurs biographies ? L’auteur émet des réserves : » il est difficile de démêler le vrai du faux dans la masse énorme d’informations contradictoires rapportées ». Son personnage, Phily-Jo, a inventé une machine à énergie libre qui utilise les mouvements du cosmos pour les convertir en une énergie qui serait presque gratuite… invention merveilleuse, sauf pour ceux qui détiennent les sources d’énergie payante. De quoi alimenter tous les fantasmes !
Lorsque la question de la « traduction » de son livre est évoquée, l’auteur insiste sur la mise en garde adressée au lecteur sur la véracité de ce qu’il va lire, puisque de traduction il n’y a pas ! Cependant en proposant l’hypothèse d’un texte traduit, l’écriture « pas franchement américaine » de l’ouvrage dont l’action se situe aux Etats-Unis, peut avoir comme alibi d’avoir été traduite et trahie dans sa forme… « mon écriture n’est pas dans cette esthétique, moi, petit écrivain de La Seyne-sur-Mer, mais si c’est par un traducteur ! Je me suis comme cela retrouvé dans les livres étrangers du magazine Livres Hebdo et mon livre a été nominé parmi les sélectionnés de la « meilleure traduction ». Là, mon éditrice a téléphoné pour expliquer la supercherie… Je suis donc un bon traducteur ! (rires) On a tendance à croire ce qui est écrit. Il faut vérifier ses sources ! Mais il faut bien reconnaître que si l’on a le choix entre une belle légende et une « vérité pourrie », on préfère la légende ».

Marcus Malte invité par Les Nouvelles Hybrides à la médiathèque de Pertuis

Marcus Malte © Nouvelles Hybrides

Marcus Malte

Marcus  Malte  © Francesco Gattoni 

« Ici, j’écris un livre qui se passe au Texas où je n’ai jamais mis les pieds, c’est l’Amérique vue par un petit français du Var, mais c’est la plus grande puissance du monde et la question se pose de son impact sur la planère entière y compris sur nous. Ils n’ont pas le droit de faire m’importe quoi et pourtant ils le font parfois ». Responsabilité des peuples et des pays dans la grande machinerie du monde…

La double question se pose sans cesse : qui parle, qui croire ? Le réel et la fiction se conjuguent en une construction gigogne et empruntent cinq voix narratrices qui diffractent les éléments du récit pour un livre dont l’énergie et l’humour transportent le lecteur. Chaque narration continue et reprend la précédente et présente une autre vérité, le lecteur est maintenu sur un fil et le doute devient le moteur de la lecture. L’écrivain lui-même confesse que son récit peut s’infléchir au gré de la logique interne de ses personnages et le conduire sur d’autres chemins. Si la documentation rassemblée pour étayer le texte est conséquente, Marcus Malte se refuse à tout didactisme, « il faut que mes recherches servent mais se fondent dans la narration ».

« Je prends le lecteur par la main et lui demande à la fois de s’abandonner, de me faire confiance et d’être attentif à tous les détails qui serviront parfois cent pages plus tard : il y a des connexions qui se font et amènent à de nouveaux développements. En fait, je suis comme le lecteur, j’ai besoin d’être surpris. Tout part de la première phrase ; je ne sais pas ce que je vais raconter ni mes personnages. Je cherche une première phrase qui sonne bien et c’est elle qui va tout déclencher. La première phrase de mon livre évoque la mort de Phyli-Jo, mais j’ignore qui il est et pourquoi il est mort. En deux phrases, trois personnages apparaissent, je ne les connais pas mais ça sonne bien… Allons-y ! Je m’impose comme règle d’écriture de ne pas revenir en arrière (en ce qui concerne l’intrigue s’entend, en ce qui concerne l’écriture, j’y reviens tout le temps) : dans la vie on ne peut pas revenir en arrière, on s’adapte. Pour l’écriture, c’est pareil.» Tout fonctionne « à l’oreille », si l’idée trouvée est géniale, mais que la formulation ne sonne pas bien alors elle est abandonnée d’office. Pour l’auteur, une histoire qui serait réduite à un scénario n’est guère intéressante, juste bonne pour le cinéma, mais certes pas pour la littérature.

Qui se souviendra de Phily-Jo?

« Dans l’écriture reprend-il, ce qui m’intéresse, c’est l’écriture, sa musique, sa poésie, même si je ne suis pas un poète ».  L’humour naît au fil des pages, s’immisce dans les passages les plus sombres, caustique et ironique, soulignant une distanciation élégante et parfois sans doute amère entre l’auteur, ses personnages et le récit qu’ils portent. « Écrire, c’est difficile, ce n’est pas naturel, cela demande une énergie de fou, ajoute Marcus Malte, j’essaie dans toute cette difficulté de prendre un peu de plaisir». Au vu de sa jubilation à tisser des histoires et orchestrer ses théories, on veut bien le croire…

Rencontre à la médiathèque des Carmes de Pertuis le 22 septembre

Qui se souviendra de Phily-Jo?, Marcus Malte, éditions Zulma

Nouvelles Mythologies

Nouvelles Mythologies

L’arbre à sang du dramaturge australien Angus Cerini impose sa puissance tragique sur la scène du théâtre de l’Archevêché

Elles sont trois, face au public, simplement assises sur leurs chaises, avec leur langage rugueux, aux aspérités sauvages, trois femmes, une mère et ses deux filles, trois Parques dressées au-dessus du cadavre d’un homme, père, mari, atroce de violences et de colères. « Avec une balle dans le cou, ta tête de crétin a l’air bien mieux qu’avant » déclare en préambule la mère, Dominique Hollier, traductrice du texte.

S’orchestre la célébration de la vengeance, enivrante, revanche sur les horreurs vécues. La trivialité des mots renvoie par sa crudité à la cruauté subie, expression enfin libérée d’une haine ressassée. Si l’une des sœurs (interprétées respectivement par Lena Garrel et Aude Rouanet) s’affole lorsqu’elle prend conscience du caractère irrémédiable de leur acte, elle est vite ramenée à un sentiment de fierté espiègle par les deux autres personnages. À la fête des mots qui se fichent dans la chair du cadavre comme autant de poignards supplémentaires, succède le souci du corps. Qu’en faire ? Les voisins arrivent, voient, malgré les tentatives infructueuses du trio de dissimuler la « bête », mais se taisent, et conseillent les méthodes propres à se débarrasser de l’encombrant macchabée « en trois jours »… pendu à l’arbre à sang qui sert d’ordinaire aux cochons, mangé de l’intérieur par les rats, piqueté par les oiseaux, puis dépecé par les poules, enfin débité par la chienne du facteur-gendarme qui se souvient de ses chiots tués à coup de botte par l’ivrogne. 

L'arbre à sang © Bois de l'Aune

L’arbre à sang © Bois de l’aune

S’orchestre la célébration de la vengeance, enivrante, revanche sur les horreurs vécues. La trivialité des mots renvoie par sa crudité à la cruauté subie, expression enfin libérée d’une haine ressassée. Si l’une des sœurs (interprétées respectivement par Lena Garrel et Aude Rouanet) s’affole lorsqu’elle prend conscience du caractère irrémédiable de leur acte, elle est vite ramenée à un sentiment de fierté espiègle par les deux autres personnages. À la fête des mots qui se fichent dans la chair du cadavre comme autant de poignards supplémentaires, succède le souci du corps. Qu’en faire ? Les voisins arrivent, voient, malgré les tentatives infructueuses du trio de dissimuler la « bête », mais se taisent, et conseillent les méthodes propres à se débarrasser de l’encombrant macchabée « en trois jours »… pendu à l’arbre à sang qui sert d’ordinaire aux cochons, mangé de l’intérieur par les rats, piqueté par les oiseaux, puis dépecé par les poules, enfin débité par la chienne du facteur-gendarme qui se souvient de ses chiots tués à coup de botte par l’ivrogne. La conspiration collective de tous ceux qui savaient mais n’ont jamais rien dit soutient les femmes dans leur secret, collectent une cagnotte solidaire destinée à les aider… La rusticité des personnages se frotte à ce conte cruel et lui accorde la dimension mythique d’une nouvelle fondation, sacrifice rituel qui transmute le mal en ferment nourricier pour la faune et la flore (les os cuits seront un excellent engrais pour les roses !). Du patriarcat délétère on passe à un matriarcat fertile… et une invitation à partager une soupe de poireaux pommes de terre à la fin du spectacle. Une nouvelle claque théâtrale à cet Automne à l’archevêché !

Le 7 octobre, théâtre de l’Archevêché dans le cadre d’Un automne à l’Archevêché, Aix-en-Provence 

Lorsque l’infini s’installe au degré zéro de l’écriture

Lorsque l’infini s’installe au degré zéro de l’écriture

Comment avec « rien » faire du théâtre ? Le dramaturge et metteur en scène Tim Etchells nous donne par le biais de « L’Addition » à repenser cet art et lui accorde des profondeurs inattendues

Invité par Un Automne à l’Archevêché, le Bois de l’Aune cultivait en ouverture de l’évènement son goût sûr du théâtre contemporain et du paradoxe : la scène imposante habituée aux grandes représentations lyriques de l’été se voyait investie par le public installé face au mur de scène mythique de tant d’opéras devant un « plateau » délimité par ses spots lumineux et clos en fond de scène par le long rideau de velours rouge classique des lieux dédiés au théâtre. Mais il est situé d’ordinaire devant, et se lève pour dévoiler un spectacle… 

Les contrastes ainsi mis en espace ouvraient un champ propice aux pirouettes et surprises. L’entrée des deux performeurs, Bertrand Lesca et Nasi Voutsas (Bert & Nasi), pantalons noirs et chemises blanches mettait d’emblée le propos en doute en un prologue au cours duquel les acteurs se renvoient la balle en un duo solidement mis au point, depuis les hésitations, les paroles qui se coupent, les mots qui surenchérissent, les phrases qui se complètent, se précisent, se mettent en doute, se reprennent, se contredisent, s’approuvent enfin… Le sujet est ridiculement anodin : un client assis devant une table recouverte d’une nappe blanche (signe ou non de l’excellence de l’établissement ?) demande un verre de vin à un serveur, lequel lui fait d’abord goûter le breuvage, puis le sert, mais s’oublie et continue de verser alors que le contenant est plein, débordement qui amène affolement général et échange des rôles avant que la même scène ne recommence et ce ad libitum… à l’instar des Exercices de style de Queneau qui raconte 99 fois la même histoire de 99 façons différentes, la scène se répète avec d’infimes variations, des ruptures de ton, des accélérations, des cafouillages, jusqu’à un tournoiement délirant où l’on est projeté (pas tous évidemment) cinquante années plus tard dans la même spirale infernale.

TIM ETCHELLS<br />
L’ADDITION © Christophe Raynaud De Lage

Tim Etchells, L’ADDITION © Christophe Raynaud De Lage

TIM ETCHELLS L’ADDITION © Christophe Raynaud De Lage

Tim Etchells, L’addition © Christophe Raynaud De Lage

Le génial de cette pièce réside dans sa capacité à faire du théâtre sans l’ossature d’une trame narrative, à jongler avec l’absurde, les réitérations, les variations, les échos, et trouver sa colonne vertébrale dans ce ressassement qui tourne à vide et pourtant par ses écarts, sa puissance ludique qui s’emballe et conduit à une appréhension quasi tragique du monde, est empli d’une tension dramatique rare. Une grande leçon de théâtre !

Les 3 & 4 octobre au Théâtre de l’Archevêché, Aix-en-Provence