Le Grand Théâtre de Provence était debout pour le dernier concert du Festival d’Aix 2026. La fougue de l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée a subjugué une fois de plus le public du festival.

Le concert de l’OJM fait partie des évènements récurrents les plus attendus d’une grande partie des spectateurs du Festival d’Aix!
La fougue, le message d’espoir et de paix que renvoie cette formation issue de jeunes musiciens recrutés et découverts dans les conservatoires et écoles de musique des bords de la Méditerranée, fait partie de l’engouement particulier qu’elle suscite. En quelques jours à peine, la prouesse est toujours au rendez-vous:un véritable orchestre est constitué et d’une qualité qui n’a rien à envier aux institutions les plus émérites.

Les mentors du London Symphony Orchestra soutiennent et conseillent les jeunes musiciens dans leur démarche orchestrale. L’ensemble est remarquablement en place sous la houlette de la chef Sora Elisabeth Lee. Pour la première fois depuis sa création l’OJM est dirigé par une femme pour la plus grande fierté des organisateurs!
L’auditoire était convié à un voyage musical allant de la Hongrie à la Russie. Les danses de Galanta, pièce symphonique de Zoltán Kodály, donnaient par le biais de la partition une belle visibilité des solistes et des différents instruments à vent ( somptueux cor solo).

OJM / Festival d'Aix 2026 © Festival D'Aix

Les Variations pour piano et orchestre, Variationen über ein Kinderlied d’Ernö Dohnányi gagnaient le public par le rire: les premières variations époustouflantes sur « Ah vous dirais-je maman » étaient dominées par l’espièglerie de la composition dont le pianiste, Aris Alexander Blettenberg, s’amusa avec une délectation communicative. Les Tableaux d’une exposition de Moussorgski étaient interprétés de façon magistrale sous la battue précise et élégante de Sora Elisabeth Lee.

Gnomus fut inquiétant à souhait, la fresque moyenâgeuse du Vieux Château avec son solo de saxophone empreinte d’une nostalgie onirique, tandis qu’une foule animée aux « Tuileries » avait la légèreté d’un vol d’oiseaux. La gravité de Bydlo soutenue par la mélancolie des accents du cor s’effaçait devant les piaillements des poussins et leur Ballet dans leurs coques. Enfin la trompette piccolo acidulée et geignarde mettait littéralement en scène la conversation entre Schmuÿle et Samuel Goldenberg. On plonge dans les catacombes, on sourit au marché animé de Limoges, on retrouve le ton des contes avec la Cabane sur des pattes de poules de la terrible sorcière Baba-Yaga. Enfin la Grande Porte de Kiev, inspirée du folklore populaire russe, fait sonner l’orchestre comme rarement, section des percussions en tête.

OJM / Festival d'Aix 2026 © Festival D'Aix

Auparavant, la première partie du concert avait accueilli la composition collective, toujours encadrée par le compositeur et chef d’orchestre Fabrizio Cassol avec cette année, un quintette très divers: voix d’Amena El Abd et de Saber Radhouani, piano d’Eirini Alisá, oud d’Akram Ben Romdhane et trombone de Jules Regard. Les solos du quintette seront rejoints par l’orchestre, symbolisant un accord et une paix universelle rêvés. En exergue de cette création, le quintette de ces jeunes compositeurs et compositrices interprètes avaient noté: « Nous, infime fraction de cette petite-grande planète; avons créé cette musique – petit noyau de gratitude et de bienveillance issu du dialogue entre un macrocosme et un microcosme – dans l’espoir que demain vous ferez de même ».
C’est dans de telles manifestations que l’humanité prend tout son sens et sa noblesse.

Concert donné le 20 juillet 2026 au Grand Théâtre de Provence dans le cadre du Festival d’Aix

Photographies © Festival d’Aix

OJM / Festival d'Aix 2026 © Festival D'Aix