La mini-série de l’été

La mini-série de l’été

Le festival d’art lyrique aixois ose la gageure d’enchaîner les deux opéras de Gluck, Iphigénie en Aulide et Iphigénie en Tauride. Ce double spectacle offre une deuxième partie éblouissante

Fidèle à l’esprit de Gluck, connu pour sa « réforme » de l’opéra en introduisant naturel et vérité dramatique, le metteur en scène et scénographe Dmitri Tcherniakov s’empare des deux œuvres, tissant entre elles des échos dramatiques. Le thème du sacrifice est exploré, questionnant les œuvres à travers des références aux travaux de René Girard et Simone Weil : le sacrifice d’Iphigénie entraîne une guerre soldée par des milliers morts dont le décompte (celui de la guerre en Ukraine ?) sera affiché sur le rideau de scène fermé entre les deux opéras dirigés avec finesse par la cheffe Emmanuelle Haïm.  

Un théâtre bourgeois ?

 Iphigénie en Aulide s’orchestre dans un décor stylisé, aux armatures doublées de tubes de néons qui mettent en évidence les pièces du palais des Atrides curieusement très « intérieur bourgeois » derrière des toiles légères. Un jeu s’établit entre les codes du « théâtre bourgeois » et la fresque antique, apportant un intéressant décalage.

Les personnages en costume de ville viennent conforter cette impression, de même que la mièvre dispute amoureuse entre Achille (Aladair Kent) et Iphigénie (Corinne Winters) ou l’intrusion du photographe de cérémonie. Mais le songe d’Agamemnon (Russel Braun), superbement théâtralisé dans une esthétique du surgissement, mettait d’emblée en évidence les enjeux tragiques. Calchas (Nicolas Cavallier) impose la volonté cruelle de la déesse malgré Clytemnestre (Véronique Gens) souveraine dans ses plaintes tandis que la fin ambiguë avec la substitution de la victime par la déesse elle-même (Soula Parassidis) est d’une poétique intelligence.

Iphigenie en Aulide © Festival d'Aix

Iphigenie en Aulide © Festival d’Aix

Musicalement irréprochable, l’œuvre nous laisse pourtant sur notre faim. Sans doute la partition ?

Tension tragique

 Après un petit clin d’œil à Dumas, « une vingtaine d’années plus tard », Iphigénie grelotte dans les décors mis à nus dans leur sobriété tubulaire. Les costumes évoquent une « colonie pénitentiaire », dans des éclairages qui peuvent blesser tant ils sont crus (Gleb Filshtinsky)… La terre des Scythes est bien éloignée des douceurs grecques ! Prêtresse sacrificatrice d’Artémis, l’héroïne doit sacrifier, à l’injonction du roi Thoas (Alexandre Duhamel), son frère Oreste (Florian Sempey) qui rivalise d’abnégation avec son ami Pylade (Stanislas de Barbeyrac). Bouleversent la tension dramatique et tragique, l’écriture exigeante et somptueuse de l’œuvre, son interprétation qui tutoie le sublime et sait être éloquente sans vouloir d’effets.

Iphigénie en Tauride Festival d'Aix-en-Provence 2024_© Monika Rittershaus

Iphigénie en Tauride Festival d’Aix-en-Provence 2024 © Monika Rittershaus

L’incroyable Corinne Winters, l’Iphigénie des deux opéras, exprime avec une vérité confondante les émotions qui la traversent. Les échos de la pièce précédente hantent les personnages de leurs fantômes. La mémoire des terreurs et des erreurs passées ne peut contrecarrer celles à venir, il faut un « deus ex machina » pour réconcilier les êtres et leur donner un avenir plus serein. Vision pessimiste du monde aux sombres échos actuels.

« Iphigénie en Aulide » et « Iphigénie en Tauride » sont donnés jusqu’au 23 juillet, au Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence.

Mäkelämania au Festival d’Aix

Mäkelämania au Festival d’Aix

À ceux qui pourraient encore s’interroger sur l’engouement pour le jeune chef Klaus Mäkelä qui enflamme la planète musicale, les deux concerts donnés au GTP dans le cadre du Festival d’Aix apportaient une réponse éblouissante

Création

En ouverture des deux soirées de concert, était donnée, en création mondiale, une œuvre commandée conjointement par l’Orchestre de Paris et le Festival d’Aix à la jeune compositrice britannique Charlotte Bray, A Sky Too Small. Les premières notes données sur le fil des violons se charpentent avec les graves des cuivres, vibrations pailletées dans une esthétique de l’attente. Le silence se sculpte sur les pizzicati étouffés des violons tandis que s’élabore un tableau sonore constitué de traits en écho avant que l’ensemble s’embrase. L’évocation de la liberté volée, – l’histoire est celle d’une personne injustement emprisonnée-,  trouve des tonalités sombres et glaciales en une construction proche du poème symphonique où la fin est un reflet douloureux du début. Malgré cette tension qui met tout en cage, même le ciel, naissent ici et là des fleurs mélodiques dont la fragile beauté nous donne encore l’espérance d’une possible réconciliation des êtres.

Le goût du spectaculaire

Lumineuse dans ses grands contrastes, ses crescendos vertigineux, ses entrées aux accords nets, selon le « goût français », d’où le nom de « Paris » qui lui est accolé, la Symphonie n° 31 que Mozart composa en 1778, rompait avec les angoisses précédentes, jouant des ambivalences entre les tonalités majeures et mineures. Les timbales annoncent les orages romantiques tandis que pour la première fois chez Mozart, apparaissent les clarinettes… Après une pause nécessaire, la Symphonie fantastique de Berlioz déployait sa foisonnante instrumentation, ses couleurs, ses accents. La direction d’une précision tranchante apportait un velouté subtil à cette partition révolutionnaire. Le chef, habité, danse, mime, joue, en osmose totale avec son orchestre, ciselant les détails, offrant une liberté vivifiante aux instrumentistes qui épousent avec virtuosité toutes les inflexions du propos. La quintessence du mouvement romantique se voit résumée ici, dans une interprétation d’une fougue, d’une intelligence et d’une poésie rares.

Klaus Mäkelä et l'Orchestre de Paris © Festival d'Aix

Klaus Mäkelä et l’Orchestre de Paris © Festival d’Aix

Post-romantisme

Deuxième volet du diptyque symphonique, le concert du 14 juillet était consacré à la Nuit transfigurée de Schönberg et à la Quatrième Symphonie en sol majeur de Mahler.

D’emblée, Klaus Mäkelä sait faire entrer public et orchestre dans la chair de l’œuvre. Le travail subtil des aigus façonne l’invisible et l’indicible. Théâtral, l’orchestre nous emporte dans son rêve nourri des vers de Richard Dehmel où « la lune court au-dessus des grands chênes » et voit un couple sa « trahison », son pardon au cœur de la quiétude des arbres. Suivait cette évocation frémissante l’œuvre mahlérienne, dont le lyrisme intègre danses villageoises, grelots, se plaît aux ruptures, aux amples vagues des cordes éclairées par les sonorités rutilantes des cuivres, utilise les altos et les violoncelles sur les parties mélodiques réservées traditionnellement aux violons, leur accordant une épaisseur veloutée. Dans le mouvement final, la voix de la soprano Christiane Karg énonce les « joies de la vie céleste » avec une aisance et un naturel qui en rendent la beauté évidente. Un art de la joie qui nous transcende…

Klaus Mäkelä et l'Orchestre de Paris © Festival d'Aix

Klaus Mäkelä et l’Orchestre de Paris © Festival d’Aix

Deux membres éminents de l’orchestre, Gilles Henry (violon) et Jean-Michel Vinit (cor) faisaient leurs adieux lors des première et seconde soirée, autre moment d’acclamations pour un public dont les applaudissements ont retenti comme rarement au GTP !

Les 13 & 14 juillet, GTP, Aix-en-Provence, Festival d’Aix

Musique et universalité

Musique et universalité

Le soliste, compositeur et improvisateur Kinan Azmeh offrait l’un de ses rares concerts en Europe une soirée virtuose et bouleversante au Festival d’Aix avec son « City Band ».
« Il y a 26 ans, j’étais ici, à l’Hôtel Maynier d’Oppède. Je faisais partie alors des jeunes de la Méditerranée en 1998 », explique le génial clarinettiste Kinan Azmed au public auquel il apportera des précisions historiques, personnelles, poétiques et humanistes pour chaque pièce.

Se conjuguent alors la technique instrumentale sans faille des musiciens à la beauté des tissages mélodiques et du sens. Les morceaux joués ce soir-là permettaient d’arpenter les créations du compositeur au fil des années, retours en arrière, mises en lumière de certains thèmes à l’aune du présent qui les colore parfois tragiquement. Ce sont les abricotiers plantés à Jisreen où Kinan Azmeh allait en vacances chez ses grands-parents, l’évocation de mois d’été heureux, désormais disparus sous les bombes. La dépossession des lieux du souvenir, de ce qui restait « la maison » dans l’imaginaire, se traduit avec délicatesse dans les volutes d’une clarinette sensible, profonde, délicatement onirique, qui se joue des rythmes impairs orientaux et les fait se frotter aux occidentaux. Les ornementations se mêlent, empruntent aux musiques tsiganes, klezmer, slaves, arméniennes, au jazz, aux phrasés « classiques », se lancent dans des effets de glissando, de growl, virtuosités multiples, jamais gratuites, au service d’un propos qui s’exacerbe, se déploie, nuancé, coloré, brillant. En résultent des compositions d’une élégante nostalgie teintée de sourires et de fêtes.   

Kinan Azmeh City Band  au Festival d'Aix

Kinan Azmeh City Band © M.C.

Partages

En ouverture, le premier morceau écrit pour une pièce de théâtre sortie en 2022 et un film qui n’est jamais sorti, The Queen commanded him to forget, prélude de son refus à oublier. Suit Dance, que le clarinettiste créa avec le violoncelliste YoYo Ma, véritable fresque aux ruptures rythmiques éloquentes, hommage à Jisreen. La ligne mélodique subtilement prenante enveloppe l’auditoire de sa poésie, se pose sur les ostinatos de la guitare de Kyle Sanna, les notes lourdes de la basse de Josh Myers, les percussions et batterie de John Hadfield. Les trois musiciens apportent leur univers au fil des morceaux, les improvisations de Kyle Sanna qui surprennent parfois même ses complices, avec ses phrases inachevées, ses inspirations déroutantes et fines, la souple rigueur de Josh Myers qui équilibre savamment les mondes en une esthétique en épure, l’inventivité époustouflante de John Hadfield qui offrira un solo éblouissant.

Kinan Azmeh, Festival d'Aix

Kinan Azmeh© M.C.

S’il est des voyages retour impossibles, il y a des refondations : c’est lors d’une fête de Thanksgiving, que le musicien se sentira curieusement chez lui, enfin, aux États-Unis. « Sentiment étrange à la fois joyeux, car je me sentais pour la première fois depuis longtemps à la maison, et coupable, car ce n’était pas, ce ne pouvait être le « chez moi » de mon enfance, détruit par la guerre », explique Kinan Azmeh avant l’envoûtant Galileo Galilei rêvé à Padoue, université du savant qui apporta tant à nos représentations du monde… Chaque pièce donne lieu à une histoire. On sera séduits par la fougue débridée de Wedding et l’humour de la clarinette qui mime un épuisement festif avant de se replonger dans un final ébouriffant. En bis théâtral, Airports est dédié « à tous ceux qui sont collés à l’arrière des aéroports en raison de leur couleur de peau, de leurs croyances ou de leurs passeports ». Un plaidoyer enflammé pour un monde d’acceptation et de compréhension de l’autre, le thème sera repris en chœur par le public… Seule la musique peut le faire ? Exceptionnel !

Le 19 juillet, hôtel Maynier d’Oppède, Aix-en-Provence, Festival d’Aix

Sans cesse tisse sa toile

Sans cesse tisse sa toile

La session « composition collective » de l’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée œuvrait cette année sur « La mélancolie de Pénélope »

Sous la houlette du compositeur et saxophoniste Fabrizio Cassol se sont livrés au jeu de la composition en groupe les quinze musiciens et musiciennes du bassin méditerranéen, des sessions précédentes de l’OJM, depuis Colin Heller, membre de l’OJM de 2012 à 2014, à Alessandra Soro, arrivée en 2022. Chaque instrumentiste et chanteur se rattache à traditions musicales différentes, certaines par transmission orale, d’autres écrites, du jazz au gnawa sans oublier les musiques savantes européennes et orientales.

Tisser les cultures

Sur scène, se côtoient ainsi le oud (Jawa Manla, Islem Jamaï, Sarra Douik), le guembri (Omarhaba), la lyre et le violon grecs (Athina Siskaki), le violon et le nyckelharpa (Colin Heller), le Kemenche (Elif Canfezâ Gündüz), la clarinette grecque (Panagiotis Lazaridis), la guitare (Matteo Nicolon), le violoncelle (Adèle Viret), la contrebasse (Benoît Quentin), la batterie (Pierre Hurty). Les gammes « européennes » et les gammes « orientales » se frottent, se mêlent, s’enrichissent, jouées avec virtuosité et enthousiasme. Les orchestrations oscillent entre superbes ensembles et soli endiablés, ménagent des temps a cappella où s’élèvent les voix de Fabiana Manfredi, Alessandra Soro, Wafa Abbès, Jawa Manla et des autres instrumentistes. L’un lance l’appel, les autres reprennent en chœur ; les mélodies se modulent, se démultiplient en canon, en contre-chants à la tierce, s’ornementent, choisissent une ligne épure puis s’harmonisent en constellations vibrantes. Les mélismes font écho aux appogiatures, le violoncelle répond au Kemenche… Toutes les possibilités techniques sont explorées, vivifiées par une harmonie sans cesse remodelée.

Fabrizio Cassol - OJM (Jawa Manla)- Festival d'Aix © Vincent Beaume

Fabrizio Cassol – OJM (Jawa Manla)- Festival d’Aix © Vincent Beaume

Oratorio de Pénélope

Le thème de Pénélope, l’épouse d’Ulysse, qui « sagement » attendit vingt années le retour du héros parti pour la guerre de Troie, est l’un des axes de la programmation du festival 2024 (projection du film d’Angelopoulos, Le Regard d’Ulysse (Το Βλέμμα του Οδυσσέα), Il ritorno d’Ulisse in patria de Claudio Monteverdi, sans compter l’allusion à la guerre de Troie avec Iphigénie en Aulide et Iphigénie en Tauride de Gluck)

Cependant, les jeunes musiciens de l’OJM ne le traitent pas du point de vue masculin, ni ne considèrent la reine d’Ithaque comme une potiche attendant, imperturbable, nouant et dénouant les fils de son métier à tisser pour éviter un nouveau mariage avec l’un des prétendants, avides de s’emparer de son île par cette union. Son nom la prédestine à ce déchirement, constitué de « pênê » (trame, tissu, toile) et « lépo » (déchirer, écorcher), littéralement, « celle qui déchire la toile ». Femme de pouvoir, d’intelligence, de sentiments puissants, la Pénélope de l’OJM est un personnage nuancé et fort, dont la personnalité résiste à l’usure du temps et des choses, sait garder intactes ses émotions, se refuse à être le jouet du pouvoir masculin, triomphe par sa force de résilience et finalement vainc.

Fabrizio Cassol - OJM- Festival d'Aix 2 © Vincent Beaume

Fabrizio Cassol – OJM- Festival d’Aix  © Vincent Beaume

L’unité de l’œuvre présentée, sa variété mélodique et rythmique, la multiplicité de ses registres, la palette de ses couleurs, sa vivacité, son tempo soutenu, subjuguent. Souvent on se dit que là, il y a un « tube », un air à enchanter le monde. La construction rigoureuse des textes, tous écrits par les musiciens ou nés de la tradition, et leur osmose avec les musiques mises en œuvre accorde une unité souveraine à l’ensemble. Un diamant taillé.

12 juillet Conservatoire Darius Milhaud, Aix-en-Provence  

L’amour rime avec la musique

L’amour rime avec la musique

Au Conservatoire Darius Milhaud, la mezzo-soprano Léa Desandre et le luthiste Thomas Dunford chantent l’amour à travers les siècles

Tant pis pour le récital Monteverdi, Purcell, Händel… Après la défection pour raisons familiales du baryton Huw Montague Rendall, Léa Desandre et Thomas Dunford remontaient un programme autour de leur dernier album, Idylle, une exploration du répertoire de la chanson d’amour du XVIIe baroque au XXe siècle, célébrant avec tendresse les dix ans de leur rencontre. « On s’est amusés à divaguer avec des pièces que l’on donnait en bis : toutes ces chansons parlent de thèmes universels », expliquait la mezzo-soprano.

Les amours se nouent et se dénouent au fil du concert, profitent du « doux silence de nos bois » d’Honoré d’Ambruis. Les bosquets sont d’ailleurs propices aux amours que l’on retrouve sous la plume de Marc-Antoine Charpentier « sans frayeur dans ce bois » ou celle de Sébastien Le Camus, « on n’entend rien dans ce bocage », tandis que les danses viennent enchanter les corps dans une sarabande de Robert de Visée, une chaconne ou une chanson à danser de Charpentier. Thomas Dunford rappelle que « les meilleures chansons sont les plus désespérées et les plus mauvaises, rigolotes et farfelues, mais que ce sont des œuvres de chansonniers, qui souvent les composent très vite ». On sourit à J’ai deux amants, extrait de la comédie musicale d’André Messager. Espiègle, Léa Desandre joue avec l’instrumentiste qui plus tard lâchera un aboiement lorsqu’elle entonnera l’aria Ma bergère est fidèle de Michel Lambert. Ombre de mon amant de ce compositeur bouleversera ensuite par sa profondeur et la finesse des nuances vocales de la jeune interprète.

Concert de la mezzo-soprano Lea Desandre et de Thomas Dunford, archiluth. Le 8 juillet 2024 au conservatoire Darius Milhaud. Festival d’Aix-en-Provence. Photographies de Vincent Beaume.

Concert de la mezzo-soprano Lea Desandre et de Thomas Dunford, archiluth. Le 8 juillet 2024 au conservatoire Darius Milhaud. Festival d’Aix-en-Provence. Photographies de Vincent Beaume.

All you need is love!

Les poèmes de Leconte de Lisle ou de Théophile de Viau mis en musique par Reynaldo Hahn lui permettent de renouer avec la voix lyrique que la chanteuse sait mesurer, déployant ses vibratos, les retenant dans les pièces baroques au profit de leurs ornementations, et offrant un timbre naturel pour les « chansons de variété » de Barbara, Dis quand reviendras-tu ? ou de Françoise Hardy, Le premier bonheur du jour, Le temps de l’amour. Cette dernière chanson sera reprise en conclusion de la soirée, chantée en chœur par la mezzo, le luthiste et le public. « Il nous faut de l’amour, comme le disaient les anglais de Liverpool », plaisante Thomas Dunford qui fait sonner les quatorze cordes de son archiluth avec une virtuose élégance, passant des sonorités baroques, perlées et lumineuses, à la guitare acoustique, aux élans pop rockabilly, répondant aux graves sublimes et aux aigus de cristal de sa complice. Entrelacés aux chants, des échos de Satie, Gnossienne et Gymnopédie, nimbent l’ensemble d’une tendre mélancolie. Bonheurs !

Concert donné le 8 juillet au Conservatoire Darius Milhaud, Aix-en-Provence.